Sénégal - Vivre différemment

Je vous propose ici, avec un peu de recul, quelques expériences qui ont ponctué et marqué mon voyage au Sénégal. Le classement est aléatoire, ni chronologique, ni par ordre d’importance.

 

- Dans les villages de brousse dans lesquels je me trouvais, j’étais bien souvent la seule personne « blanche » à des kilomètres à la ronde. Même si les gens connaissaient mon prénom, j’étais le « toubab », c’est la façon dont les locaux appellent les occidentaux.

 

- Selon la culture des villages, l’ethnie, la pauvreté, je pouvais être confronté à différentes approches du toubab par les populations locales. Cela pouvait aller de l’accueil chaleureux, à l’hostilité, en passant par l’étonnement et parfois les demandes en tous genres : « donne-moi tes chaussures », « donne-moi tes lunettes », « donne-moi ta gourde », « donne-moi ton argent ». Cela se faisait généralement sans agressivité mais si j’avais répondu positivement à toutes ces demandes je serais rentré nu !

 

- Lors de mon séjour dans les locaux de l’école à Ngabou, comme nous n’avions rien pour préparer un repas, nous (l’instituteur et moi) mangions tous les soirs pour dîner une sorte de couscous de mil avec du lait caillé que nous achetions dans une petite boutique du village. Si j’étais curieux de découvrir ce plat  les 1 ers jours je l’étais un peu moins au bout de 15 jours à manger cela tous les soirs (cf. photo) !

 

- J’ai reçu pendant mon séjour sur place plusieurs propositions de mariage avec des jeunes filles que me présentaient leurs parents, me promettant qu’elles s’occuperaient bien de moi. Au début je pensais que c’était pour rire, alors lorsque j’ai compris que cela était bien souvent sérieux pour ces familles il m’a fallu trouver différentes pirouettes pour ne pas me retrouver à la mosquée quelques jours plus tard.

 

 

- Je me souviens de ces moments que je qualifierais de oisifs/nihilistes avec les hommes du village, généralement sous un arbre, à discuter, à regarder la vie autour se dérouler, les charrettes passer, les, enfants jouer.

 

- J’aimais aussi intriguer les gens du village quand ils me voyaient aider pour la culture d’arachide, la culture de mil ou encore plus régulièrement pour la vaisselle et la cuisine. Beaucoup pensent que les occidentaux ne travaillent pas et qu’ils « cueillent des billets sur les arbres. » C’était bien souvent déstabilisant pour les hommes de me trouver aux tâches ménagères car cela remettait aussi en question la séparation des tâches dans les familles.

 

- La notion de famille est aussi très différente, c’est un groupe de 5 à 30 personnes de ce que j’ai pu voir, vivant ensemble dans une maison ou dans un ensemble de maisons mitoyennes, avec des liens de sang ou non. C’est-à-dire que lorsque vous pensez que l’un des enfants de la maison doit forcément avoir sa mère ici, on vous explique qu’en réalité la mère est une amie des habitants de la maison, qu’elle habite dans un autre village et que le père est encore dans un autre village avec sa 3eme femme. De mon point de vue, la famille sénégalaise traditionnelle est avant tout définie par la vie en communauté.

 

- Le sujet de l’eau est préoccupant dans certains villages où j’ai séjourné. Des forages ont été réalisés il y a plusieurs années avec des châteaux d’eau qui alimentent le réseau d’eau des villages (il y a un robinet par foyer, en général dans la cour). Cependant le phénomène de salinisation des sols, notamment dû à des pluies irrégulières qui ne lessivent pas assez les sols, rend progressivement l’eau des forages saumâtre et impropre à la consommation. Il faut donc régulièrement de nouveaux forages qui sont en général des puits "traditionnels", il faut donc se déplacer pour avoir de l’eau douce.

 

En condensé j’ai pu aussi :

 

- Constater le rayonnement du football européen sur place (beaucoup d’enfants avec des maillots des stars)

- Voir des élèves de 18 ans en CM2

- Visiter un école coranique

- Voyager dans une camionnette avec 40 moutons sous nos pieds et 2 vaches à l’arrière (cf. photo)

- Déjeuner à 15 sur le sol autour d’un grand plat dans lequel nous mangions à la main

- Visiter la grande Mosquée de Touba en boubou traditionnel (cf. photo)


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