Ile d’Hoedic – Une tranche de vie insulaire

Départ lundi 18 février de Quiberon à 16h50, un des 2 départs quotidiens pour les îles de Houat et sa petite sœur Hoedic (prononcez Hédic) coincées entre Belle Ile et le continent. Après 45 min de traversée nous arrivons sur l’île de Houat, environ 40 passagers y descendent ce jour. Il ne reste alors sur le bateau que 10 passagers, incluant l’équipage, en direction de l’île d’Hoedic. Le ciel est couvert, la luminosité commence à diminuer aux environs de 18h. Après 15min de mer je commence à apercevoir ce « plateau » posé sur la mer (photo ci-dessous) au milieu duquel trône un village « d’irrésistibles Gaulois », nous voici à Hoedic. 

Une fois que l’on s’éloigne de la relative agitation du port, on est tout de suite plongé dans l’ambiance. Les moutons en liberté autour du village, des faisans qui s’envolent dans vos pieds, des rues quasi désertes, quelques bruits de pas, tout se fait à pieds il n’y a pas de voitures sur l’île. A Hoedic, outre la météo, l’hiver est calme.

 

Ces cinq jours sur l’île je les ai passés dans un gîte communal dans l’ancien presbytère du village. Je suis venu à Hoedic pour pouvoir toucher du doigt ce qu’est la vie insulaire, la vie en mer, contrainte par un espace réduit. D’après les données communales l’île fait 1km de large pour 2,5km de long et 8,5km de pourtour.

 

Carte d'identité de l'Ile d'Hoedic
Carte d'identité de l'Ile d'Hoedic

 

Ce n’est pas seulement l’espace qui y est contraint, le rythme de l’île l’est aussi par les rythmes naturels. A mon arrivée on m’explique en effet que le bateau du lendemain matin quittant habituellement l’île à 7h30 pour Quiberon est décalé à 14h à cause des grandes marées car à marée basse il n’y a pas assez d’eau dans le port pour le bateau. 

 

L’environnement

Les 2 premiers jours sur l’île ont été très brumeux, matin comme après-midi, donnant une impression d’enfermement dans un monde que vous pouvez traverser en 1h, mais au-delà du quel vous ne pouvez aller à pieds (effet recherché en venant sur l'île). La marée haute vers 17h vient vous étreindre un peu plus, renforçant alors la sensation d’isolement. Sur la photo ci-dessous vous pouvez vous faire une idée de la visibilité.

 

 

Pour ce qui est de l'environnement je retiens la proximité de l’eau et l’acoustique.

 

La proximité de l’eau car, contrairement à d’autres îles, Hoedic a peu de falaises, on peut observer une alternance de rochers, plages (magnifiques), criques facilement accessibles en faisant le tour de l’île à pieds. Ce qu'il y a de spécial c'est que vous n'êtes pas sur une plage droite que vous parcourez dans sa longueur, l'eau vous entoure, elle est devant vous, à votre gauche, à votre droite, vous ne pouvez l’oublier.

 

L’acoustique, je ne saurai l’expliquer et la décrire précisément mais les sensations sonores sont assez incroyables, peut-être par la « platitude » de l’île et le peu de vent durant mon séjour. La source sonore pouvait être proche ou lointaine, je ne savais le déterminer. Je percevais les sons simplement, purement, par exemple des bruits de pas, des discussions ou encore des claquements, en particulier sur la partie centrale de l’île où le bruit de l’océan se fait oublier. 

La vie sur l’île 

Je ne sais pas si j’étais le seul visiteur cette semaine-ci (c’est-à-dire n’ayant pas de maison sur l’île, car il y a aussi beaucoup de résidences secondaires) en tout cas je n’en ai pas croisé durant mon séjour. Je souhaitais pouvoir échanger avec celles et ceux qui habitent sur l’île à l’année et qui pour beaucoup sont nés à Hoedic. Sans l’appui d’un contact y séjournant régulièrement depuis 50 ans j’aurais eu plus de difficultés à échanger avec les habitants. J’avais en effet eu quelques noms de personnes à rencontrer sur place. Ceci m’a ménagé un peu de peine mais ce n’était pas pour autant facile. Les 2 lieux de regroupement du village en hiver (car il y a des restaurants, hôtels et un camping ouverts seulement en période estivale) sont le port et la Trinquette, le seul bar ouvert à l’année (de 11h30 à 13h30 et en fin de journée).

 

Mes premiers instants à la Trinquette ont été un peu pesants, je salue oralement les 4 hommes (~65 ans) assis à une table et un 5eme au comptoir qui me répondent vaguement, ne souhaitant pas interrompre leur conversation. Personne au bar, je ne sais si le patron du bar est parmi ces hommes en tout cas personne ne me donne l’information. Après 5min d’attente la patronne sort d’une porte derrière le bar. J’ai alors essayé de faire la conversation avec ces gens présents dans le bar pendant environ 15min. Je dis "essayé" car en réalité j’ai fait un quasi monologue, alternant entre des questions que je posais et pour lesquelles j’avais de brèves réponses,et des explications que je donnais sur les raisons de ma présence sur l’île. Les trophées de pétanque trônant sur une étagère du bar m’auront permis de trouver une bonne accroche avec l’un des 5 hommes présents, j’étais lancé !

 

Sur l’île, surtout en hiver, vous ne pouvez pas faire ce que vous voulez quand vous voulez, les 2 bateaux quotidiens mais aussi les quelques commerces ont des horaires limités. Les discussions des habitants concernent majoritairement ce qui se passe sur l’île et en mer autour de l’île. Ce qui se passe ailleurs, tant que cela n’a pas d’impact sur l’île, on en parle peu voire pas. On retrouve sur l’île une sorte de vie en communauté comme chez les moines ou les familles sénégalaises, tout le monde se connait, on se salue, on prend des nouvelles. 2 garçons de 10 ans en vacances chez leur grand parents sur l’île et habitant à l’année sur le continent me confient qu’ils sont contents d’être là pour les vacances mais qu’ils ne voudraient pas y vivre à l’année car ce serait trop « ennuyant ». Ils me parlent de leurs vacances d’été tous les ans sur l’île avec des étoiles dans les yeux, les baignades, tous les commerces, restaurants ouverts, tous ces gens venus d’ailleurs, le port rempli de bateaux, les festivités du 14 juillet, ils sont impatients du prochain été.

 

L’île vit en effet au rythme des saisons « naturelle et artificielle », artificielle car l’été étant associé au tourisme l’activité comme la population explose, c’est une autre vie m’indiquent ceux qui y habitent à l’année. Hoedic sera peut-être votre destination pour les prochaines vacances d'été...

 

Soit dit en passant il y a aussi du soleil l'hiver, photos à l'appui:


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Commentaires: 1
  • #1

    Genevieve (lundi, 04 mars 2019 16:39)

    J’y étais presque pour vous accompagner ! Très réussi et bravo !
    Cordialement