Premier Bilan

A la veille de mon retour au bureau je voulais profiter des derniers instants de cette année extraordinaire pour faire un premier bilan. Même si je commence à me projeter dans ce qui m'attend, une grande partie de mon esprit est toujours dans le projet Kairos. Le projet ne s'arrête pas pour autant car il me reste encore du travail sur le livre et j'ai bon nombre de séquences vidéos que je voudrais aussi utiliser.

 

Les expériences

Avec un peu de recul sur les expériences que j'ai menées cette année j'éprouve une certaine satisfaction de ne pas avoir succombé à la tentation d'en faire "le plus possible". J'avais envisagé avant de commencer le projet de faire beaucoup plus d'expériences, parce que "j'avais le temps" justement. Mais je me suis laissé le temps de penser à l'intérêt de chaque expérience, à sa durée, de la préparer, de la vivre et de la digérer. Cela n'a pas toujours été évident car le champ des possibles était complètement ouvert tellement il est facile de se déplacer aux quatre coins du globe. Finalement l'important pour moi était dans la cohérence des expériences, dans les connexions qui permettent de lier ces expériences pour leur donner un sens et les rendre marquantes. Je pense que ce constat est valable pour la vie de manière générale tant il y a de possibilités à l'heure actuelle. Essayer d'avoir un fil rouge qui guide nos actions permet, je le pense, d'expérimenter le temps de manière plus apaisée. Je reprends une image que l'on m'a donné à ce sujet et que je trouve plutôt parlante c'est l'image du chef d'orchestre, en l'occurrence être le chef d'orchestre de sa vie. Donner le rythme, trouver l'harmonie dans la diversité des instruments pour éviter la cacophonie. 

Lors de mon voyage vers la Chine j'ai rencontré un certain nombre de voyageurs qui faisaient "un tour du monde" et la plupart de ceux avec qui j'échangeais étaient dans une forme de "boulimie de pays". Ils voulaient en voir le plus possible dans le temps qui leur était donné. Ils avaient du mal à se souvenir dans quel pays ils se trouvaient trois mois plus tôt et ce qu'ils y avaient fait. Cela me confortait dans ma démarche dans la mesure où finalement je n'ai pas l'impression que c'est en faisant le plus d'expériences possibles qu'elles nous marquent, voire même plutôt au contraire!

 

L'écriture

Avant cette année j'écrivais déjà un peu, je prenais des notes sur des carnets, j'essayais de noter au maximum ce que je voulais retenir. Ces derniers mois en ayant à faire face à un exercice de l'écriture plus soutenu j'en ai découvert les bienfaits. L'écriture permet de sortir, d'exprimer ce que l'on a en tête et que parfois nous avons du mal à clarifier en restant dans notre esprit. 

 

 

 

 

Elle oblige à mettre des mots sur tout un tas de choses qui se passent en nous. L'écriture permet aussi de se délester de pensées, de les poser quelque part et de savoir qu'elles ne sont pas perdues , que l'on peut y revenir pour les revisiter, les lier, les effacer, faire ce que l'on en veut. L'écriture a un rythme qui me parait approprié au rythme de la pensée, il n'est pas celui de la parole, on peut écrire à son rythme, bien choisir ses mots, effacer, recommencer. C'est une habitude qui n'est pas facile à prendre car nous avons toujours l'impression d'avoir autre chose à faire que d'écrire. Si cela est contraignant dans un premier temps, cela devient presque un besoin une fois que l'on perçoit ses pouvoirs.

 

Quelques prises de conscience 

- Nous avons en France un système de solidarité à l'échelle du pays, en particulier pour la santé. C'est une réelle chance, un trésor. C'est parce que nous formons une société que cela est possible, c'est parce que nous sommes ensemble, c'est un lien entre nous tous qu'il faut préserver. Dans certains pays comme au Sénégal la solidarité se fait à l'échelle familiale, si cela permet de passer beaucoup de coups durs, cette solidarité reste moins robuste et certaines difficultés difficiles à surmonter par ce seul moyen.

- Avoir l'eau courante au robinet a un impact considérable sur l'organisation de la vie. Enlevez cela et la vie, même en France, devient très différente! 

- Nous savons en France ce qu'est "l'air frais", ce qui n'est pas le cas dans tous les pays!

 

Le bilan carbone

Après un rapide calcul via le calculateur de la fondation Good Planet (goodplanet.org), entre mes déplacements en avion (Norvège, Sénégal, retour depuis Hong-Kong), en train, en bus, etc. j'ai contribué à l'émission de plus de 30 tonnes de CO2. La moyenne par an par habitant en France serait de l'ordre de 12 tonnes d'après les chiffres de 2015 de L'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME). Était ce nécessaire ? Difficile de dire non a posteriori tant ces expériences m'ont apportées. Néanmoins je pense que l'aspect environnemental est un des aspects à remettre en question dans l'organisation de ce projet. 


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Commentaires: 3
  • #1

    Alain (dimanche, 01 décembre 2019 22:37)

    Salut Gathier!
    Toujours bien vu et senti. Du recul pour une analyse fine.
    A plus de lire tes développements.
    Salut!
    Alain

  • #2

    Florence (lundi, 02 décembre 2019 08:48)

    Salut Gauthier,
    Merci pour cette année à suivre tes expériences, que tu as toujours su relater de façon à susciter le questionnement chez ton lecteur! On en ressort enrichi également.
    Au plaisir de se revoir.

  • #3

    Olivier (lundi, 09 décembre 2019 22:57)

    Bonjour Gauthier ,
    Tes notes et tes explications sont très intéressantes mais ne doivent pas être à la hauteur de tout ce que tu as appris ; si jeune et déjà vieux sage...
    Bon vent Gauthier